L'enthousiasme de Nateub amuse Pincemi, qui n'avait rien vu d'aussi rafraîchissant depuis son déjeuner avec Daphné. Elle la regarde se jeter sur ses chouzes comme Nabuee sur des kahuètes. Ce pestak lui donne une idée et, tandis qu'elle fouille dans son sakamain, elle répond aux propositions et interrogations de Nateub.
- Un endroit où les zouks paieraient pour renifler des pieds ? Diantre, c'est encore plus osé que la maison close que je voulais ouvrir.
Pincemi glousse à la finesse de son jeu de mots.
- ça mériterait mieux qu'un stand au marché noir. Tu trouveras sûrement un maire ou une mairesse désireux de soutenir financièrement ton esprit entrepreneurial !
Elle fouille encore quelques minutes, puis, soudain, son visage s'éclaire et elle brandit brusquement un tissu rouge satiné.
- C'est comme ça que je suis devenue riche ! En recevant des cadeaux de zouks riches et puissants subjugués par ma Belle et Blonde Beauté. Certains te diront que que suis une prostituée, mais je fais jamais payer pour coucher. Pour influencer l'opinion publique avec la presse ? Peut-être. Pour servir les intérêts financiers des Parrains successifs ? Évidemment. Mais surtout, c'est parce que je suis moi qu'ils m'ont couverte de struls et de cadeaux. Ah ça, fut un temps où je me faisais enstruler matin, midi et soir.
Pincemi s'interrompt. À l'évocation de ces souvenirs, elle pousse un soupir rêveur, les noeils dans le vague. Elle se reprend en un éclair et tend la robe à Nateub.
- Tiens. Voilà une robe digne de toi. C'est la kahière robe que le grand Boubouch m'a offerte. J'ai les larmes aux noeils rien que d'y repenser.
Elle essuie négligemment une larme imaginaire au coin de son noeil.
- Avec ça, s'il reste des enstruleurs à Vlurxtrznbnaxl, c'est sûr qu'ils vont grave vouloir t'enstruler !
Pincemi pose son regard sur l'opulente pôtrine de Sand... Nateub et hausse un sourcil.
- Elle risque d'être un peu juste au niveau des boobz, par contre.
Pincemi est ravie de voir la zoukette aux gros boobz débarquer pour lui tenir compagnie.
- Enchantée. Moi, c'est Pincemi.
Elle la regarde se mettre à l'aise, un léger sourire au coin des lèvres. À la requête de Nateub, Pincemi se redresse, interloquée.
- Quoi ? Prêter ma paire de... Tu n'y penses pas ! En plus, tu en a déjà une énooooooooorme et ravissante paire, je crois que tu serais à l'étroit dans mes...
Soudain, l'information monte à son neurone fusionné et Pincemi percute.
- Ah ! Des godasses, pas des boobZ !
Visiblement soulagée, Pincemi retire ses zescarpins Loulouboutin et les pose devant Nateub.
- Tiens, prends-les, j'en ai plein d'autres, je suis riche. D'ailleurs, commande keske tu veux, c'est moi qui régale. Si t'as faim, soif, besoin de quoi que ce soit, j'ai un fregho rempli et une chambre d'amis.
Elle attrape nonchalametmant son sakamain TARDIS et fouille dedans. Elle sort une zigonde paire de zescarpins.
- À moins que tu préfères ceux-ci ?
Une paire après l'autre, elle extirpe de son sakamain un nombre de paires de chaussures à faire pâlir les boutiques de luxe où elle les a achetées.
- Vas-y, sers-toi. Les chaussures, c'est comme les zoukettes, elles sont plus confortables quand elles ont déjà servi.
Pincemi renifle du bout de sa trompe, les sourcils légèrement froncés.
-Tu trouves pas que ça pue des pieds ?
Pincemi traînait sa solitude dans les rues de Vlurxtrznbnaxl. Veuve depuis peu, flanquée d'un fils adoptif kikoulien, d'une fille en zig exemplaires qui bavait autant qu'elle faisait baver, elle ressassait ses moult amours perdus que la Quête avait séduits plus que ses boobZ alléchants ou sa chevelure splendide. En quête (pas en Quête) de quelques verres et, qui sait, d'un coup de kah soir, Pincemi se retrouva comme au bon vieux temps, accoudée au comptoir de la taverne.
Alors qu'elle laissait traîner son regard dans la salle en attendant sa bouteille de champo tiède, elle tomba sur une nouvelle trompe, bien que ce ne fut pas ce qu'elle vit en kahier chez cette nouvelle-née qui n'avait, elle non plus, visiblement pas froid aux... noeils.
Wow, y a du monde au balcon ! Elle va bientôt me faire de l'ombre, si ça continue. Littéralement. Finie la bronzette radioactive, avec un parasol pareil. Remarque, ils me brûlent autant les noeils que ce bon vieux soleil. J'arrive même pas à être jalouse tellement qu'ils sont beaux...
Elle en était à ces réflexions quand tout à coup...
À présent, Pincemi était seule pour gérer la ville et son dynamisme économique. Pour inciter les bouzouks à entreprendre, elle décida de mettre en place une politique contraire à l'éthique qu'elle défendait, une politique favorable aux chef·fes d'entreprise et des sanctions financières lourdes pour les employé·es. Ainsi écrasés économiquement, peut-être se libèreraient-iels des chaînes de l'exploitation pour devenir maître·sses de leur propre destin !
Et ainsi produire à nouveau du champo et du korno pour la santé mentale de Pincemi.
- Deviendez patron·nes et prospérez ou croulez sous le poids de vos chaînes et de votre soumission au patronat !
La lueur de défi qui s'allume dans le noeil de Daphné réjouit Pincemi. Quant à la panique, c'est si la jeune bouzoukette n'en ressentait pas qu'elle s'inquièterait. Elle écoute avec attention le cheminement de sa jeune amie et protégée.
Option 1 : Le Braquage artistique. Je pointe discrètement les objets épars autour de nous
Regarde, le chapeau haut de forme du bouzouk là-bas, ce torchon abandonné sur la chaise, et cette plume tombée d’un attrape-schnibble au mur. J’ai tout de suite imaginé me grimer en bandit de pacotille. Genre, je bondis sur le comptoir, la fourchette à spaggiouli en guise d’arme, et je hurle : "La caisse ET la bouteille de champo, ou je frappe !"
Pincemi pouffe de rire en imaginant Daphné accoutrée de la sorte.
Mais voilà, dans ce scénario, Ticott débarque. Elle brandit une louche enflammée, prête à défendre l’honneur du Ristorante et probablement mes os.
C'est bien la fille de sa mère, ça !
Alors j’ai laissé tomber. Le Ristorante ne mérite pas ça. Moi non plus, d’ailleurs.
Personne ne mérite ça, pas vrai ?
Deuxième option : la démission héroïque. Imagine la scène. Je me lève, bien droite, et je déclare : "Désolée, Pincemi, je refuse d’être le pantin de votre défi absurde. Voici ma lettre de démission, bonne chance pour la suite." C’est fort, c’est intense, c’est... complètement stupide.
Pincemi secoue les zig mains devant elle en signe de protestation. Là, c'est elle qui ne mérite pas ça.
Parce que soyons honnêtes, j’aime vraiment bosser avec toi. Et puis, trouver un nouveau job dans cette ville ? Autant essayer de convaincre Light de faire un karaoké dans les rues. Bref, j’ai vite rayé cette idée.
Soulagée, Pincemi se laisse aller à imaginer Light chanter et se dit qu'elle adorerait voir ça.
Moi aussi, j'aime bosser avec toi, chouquette <3
Daphné hésite encore, en quête, pas en Quête, d'une solution et, sans nul doute, d'une victoire aussi éclatante que son aura. Pincemi jubile, confiante. Elle ne s'entiche que des meilleur·es. Soudain, Daphné quête le game en allant se servir directement chez leurs voisins de table, puis, comble de l'audace, directement au goulot. Pincemi sautille sur sa chaisse en battant gaiement des mains et en piaillant sa sentence :
- L'audace, c'est ça !
Admirative, Pincemi lui décerne un ziggnee sur ziggnee !
Pincemi sursaute en entendant le buisson l'appeler "mère". C'est alors qu'elle voit la chevelure pourpre de sa fille adorée. Soulagée - décidément, que de soulagement pour Pincemi -, elle attrape distraitement le mouchoir que Ticott lui tend. Elle se tamponne délicatement le coquillard après avoir fini sa petite affaire, s'écarte de la flaque et plante un regard rassurant dans les noeils de sa fille.
- Déjà, j'sais pas c'est qui ton Éminence, mais il n'est d'autre éminence en ville que ton daron. J'irai moi-même le chercher par la peau des seufs s'il le faut, mais ton père viendra, crois-moi !
Oui, à force de traîner au MLB, Pincemi parle comme une racaille, mais avec des talons hauts et une robe qui coûte la peau du cucul.
- Trouve un moyen de retarder la cérémonie, je fonce à la Villa. J'y mettrai le feu s'il le faut, mais je te garantis qu'aujourd'hui, les Stru vont bouger leur gros popotin pour le mariage de leur future Dona !
Pincemi écoute Crole raisonner tout en essayant de comprendre pourquoi elle est si déçue. Elle ne veut pas épouser Daphné. Elle ne veut certainement pas épouser Light. Alors pourquoi est-elle si désappointée ?
Soudain, une phrase fait chmouf dans le neurone de Pincemi.
si tu m'apportes un accord écrit de ton z'époux n'actuel
Pincemi n'a pas le temps de s'insurger contre cette injonction patriarcacale que Crole est déjà passée à autre chose. Elle regarde le cale'pain tombé à ses pieds. Prise d'une soudaine colère, Pincemi piétine le blok'not et le crayon et décide de passer elle aussi à autre chose.
- T'façon, m'en fous de votre mariage kipu. Je suis pas désespérée, je suis pas super-bulle, hein.
En pleine crise existentielle, Pincemi a besoin de parler à quelqu'un. Mais à qui ? Nogoud est parti et c'était le meilleur pisse-katre qu'elle connaissait. Et le seul.
Démunie, désemparée, elle se tourne vers Celui qui lui a toujours prêté une oreille attentive, alors qu'Il en a même pas, d'oreille. C'est donc avec empressement qu'elle a couru en marchant jusqu'à la Secte.
Une fois installée dans le Confessatoire, Pincemi se laisse envahir par les kahiers souvenirs qu'elle a de cet endroit. Elle les chasse rapidement pour se laisser envahir, cette fois, par les questions que Daphné a suscité en elle. Pour laisser parler toute sa ferveur et se sentir plus proche de Lui, Pincemi se déshabille avant d'entamer sa confession.
- Cher Schnibble... Je suis désolée de T'ennuyer encore avec mes états d'âme et Rick, qui n'est plus là, paix à son neurone, mais il n'y a plus kah seul pisse-katre en ville et j'ai grand besoin d'un soutien pissekologique. J'ai donc pensé à Toi.
Elle marque une pause.
- Je pense souvent à Toi, tu sais.
Elle secoue sa trompe. Elle n'est pas là pour ça, voyons !
- Toi qui m'as faite comme je suis, Tu pourras peut-être répondre à cette question qu'on m'a posée et qui me laisse dans un profond désarroi presque aussi profond que le Trou du Culte.
Pincemi soupire de lassitude.
- Schnibble, dis-moi ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère ?
Tandis qu'Henry rassure Pincemi quant à la torridité de la nuit de noces à venir, celle-ci entend des chuchotements.
pssssssiiiiit!
Prise d'une soudaine envie d'uriner, elle coupe court aux politesses et aux salutations, ignorant les autres bouzouk·ettes déjà sur place. Elle observe tout autour d'elle en quête, pas en Quête, d'un endroit discret. C'est là qu'elle aperçoit un buisson providentiel. Elle bredouille une excuse inintelligible et se précipite vers le buisson qui, en plus, semble l'appeler.
- J'arriiiiiiiiive !
Murmure-t-elle en serrant les dents et le reste. Une fois à l'abri du feuillage, Pincemi affiche un sourire béat tandis qu'elle commence à se soulager.
Les mots de Daphné tournent dans le neurone de Pincemi. Ils virevoltent en se moquant d'elle, lui piaillant une vérité qu'elle peine à s'avouer. Qui est Pincemi quand personne ne regarde ? Une enstrulée parvenue qui a séduit et plus pour obtenir les faveurs matérielles et le pouvoir de la part de plus grands qu'elle ? Une clodo romantique qui attend le retour du grand blond avec un slip propre ? Une adepte du Schnibble assoiffée de Foi et d'abdos ? Une épouse ? Une mère ? Une journaliste ?
Toutes ces casquettes sur la tête et la voilà incapable de savoir ce qui la fait vraiment vibrer... Qui est Pincemi ?
Pincemi met fin à cette introspection, qu'elle garde pour un moment de solitude enrakitouzoukée, et recentre son attention sur la jeune Daphné.
- Le dessin ? Et tu crois que tu aimes toujours ça ?
Des techniques pour remplir un verre sans serveur, Pincemi en connaît, mais elles ne proviennent certainement pas d'une bouzoukette indépendante. Veut-elle transmette à Daphné ses savoirs de courtisane ?
- Si tu veux être une bouzoukette indépendante, il te faut l'être vraiment. Montre-moi comment tu ne dépends ni du serveur.... ni de moi.
Pincemi a lancé son défi avec un clin d’œil complice. Elle se cale ensuite contre le dossier de sa chaise, pressée de voir comment Daphné va en découdre et certaine d'assister à une victoire pleine de créativité.
Accrochée au bras de Light, Pincemi se délecte d'avance du pestak qui s'annonce. Cette fois, Crole n'arrive pas à cloche pied et à reculons, mais son narrivée n'en est pas moins théâtrale. Elle aurait presque envie d'applaudir, mais l'excitation la crispe et ses doigts sont solidement plantés dans le bras de Light.
Quand Daphné entame sa réponse à Crole, Pincemi trépigne. Elle va le dire ? Ou elle va pas le dire ? Sans trop savoir pourquoi, Pincemi bondit en éructant un "YES !" quand celle-ci dit enfin le mot fatidique. La réaction de Crole ne se fait pas attendre et celle-ci prononce un mariage entre Daphné et Light.
Pincemi se sent soudain déçue.
Daphné et Light ?
Pourquoi Pincemi est-elle déçue ?
Daphné et Light ?
Elle cherche la réponse en elle quand Crole s'approche et se réjouit sur un air de confidence d'avoir évincé Pincemi.
Mais... et moi ?
Pincemi sent la révolte monter en elle. ça tombe bien, c'est une MLBiste, la révolte, ça la connaît. Déjà avant, elle se révoltait un peu contre tout et n'importe quoi. C'était un peu comme un sport, mais qui fait pas transpirer. Tendue comme un string, elle se tourne vers Crole. Son teint a viré d'un beau orange mandarine au rouge vif corrompu. C'est pourtant dans le plus grand des calmes qu'elle prononce sa sentence.
- Je te savais pas si... conventionnelle.
Pincemi applaudit en sautillant de joie.
- Merci cher Henry ! Je dois zavouer que sans vous, je n'y serais jamais arrivée ! Laissez-moi vous servir une coupette pour vous remercier et fêter dignement l'ouverture de cette nouvelle entreprise !
Elle regarde vers la porte en quête, pas en Quête, d'un·e éventuel·le suivant·e. En vain.
- Vu comme ça se bouscule pas au portillon, je crois qu'on a même le temps de finir la bouteille.
Pincemi avait enfilé sa plus belle robe pour se rendre au mariage de sa fille bien-aimée, qu'elle préférait largement à son fils. Sky et elle étaient très occupés chacun·e de leur côté, aussi Pincemi était elle arrivée à la chapelle du sien, légèrement contrariée.
- ça commence déjà ? Pourquoi j'ai pas été conviée pour aider ma chère fille à s'habiller et pour choisir des dessous qui ferait rougir un Schnibble Corrompu ?
Pincemi fronce les sourcils quand Light a un peu l'air de la prendre pour une sous-neuronée. Aussi croit-elle bon de lui rappeler les règles de base.
- Cher Light, notez bien ce que je vais vous dire, ça vous servira toute votre vie. Le consentement doit toujours être explicite et indéniable. Maintenant que c'est clair, allons-y.
Elle prend les mains de Daphné et de Light.
- Daphné, c'était bien tenté, mais ce n'est pas comme ça qu'on fait viendre Crole. Il faut se tenir les mains, fermer les noeils et répéter le mot "mariage" sto fois. Pas kah fois. Pas zig fois, mais sto fois. Je sais pas pourquoi, elle adore les mariages.
Pincemi fronce à nouveau les sourcils.
- Maintenant que j'y pense, est-ce qu'elle était à mon mariage ?
Pincemi sautille sur place, visiblement exc... enthousiaste à l'idée de la venue de celui qu'on appelle "le Doigt".
Pincemi regarde attentivement le formulaire que lui tend Henrystocrate. Elle observe attentivement, puis commence à saigner de la trompe. Elle enfourne vite dans sa bouche une boîte d'Efferalzouk volée avant de partir de chez Zoukachevski et tente de faire illusion en souriant niaisement. La niaiserie fait place au soulagement quand Henry simplifie le formulaire.
- Nan, mais j'allais le remplir sans problème, t'inquiète. Je vois à peine la différence entre les zig formulaires, mais j'imagine que pour les bas-neuroné·s, il faut bien ça.
Elle prend le formulaire, réfléchit intensément à chaque question, puis rend sa copie à Henry.

Des réminiscence de l'école et de Miss Augine lui remontent dans le gosier, lui provoquant une sévère nausée. Pourvu que Pincemi ne gerbe pas sur le beau costume à Henry !
Pincemi sourit à Daphné en lui adressant une petite caresse sur la joue.
- Toi, tu es parfaite, ne change rien.
Puis elle se tourne vers Light et se plante devant lui, les poings sur les hanches.
- Vous, en revanche, va falloir un peu décoincer tout ça. Y a pas de "raisonnablement plus logique et concevable" qui tienne ! On a qu'une piste pour votre Flamme et zig options face à cette piste. C'est oui, ou c'est non. C'est tout !
Elle a peut-être un peu postillonné à la trompe de Light dans son emport... enthousiasme. Elle se radoucit avant de demander :
- Alors, que décidez-vous, cher Light ?
Zut. Pincemi avait cru que, cette fois encore, ça allait être facile. C'était sans compter sur son co-maire et sa rigueur tout Ajuntapallienne. Ces zig-là se fréquentaient sans doute un peu trop. Elle cherchait un moyen de s'en sortir, un mensonge pour justifier l'absence de Daphné, mais leur mandat de l'union devait être basé sur la confiance mutuelle. Aussi confessa-t-elle :
- Alors là, Henry, tu vas rire ! Si si, je t'assure, tu vas rire ! Figure-toi que j'ai peut-être un peu anticipé ton approbation, confiante que j'étais dans l'accord de principe que nous avions conclu au prélavable, et que Daphné est peut-être déjà en train de régler la paperasse à ma place pour accélérer la création de notre petite entreprise...
Elle affiche un sourire crispée.
- T'as vu ? Je t'avais dit que t'allais rire !
Après avoir réglé le problème de Jacques et lui avoir sans aucun doute apporté satisfaction, Pincemi et Henrystocrate doivent se remettre au boulot. Pincemi fait chauffer son zigouble neurone fusionné. Au bout d'un moment, elle finit par proposer :
- Une loi qui interdit l'accès des magazouks à RomainZigStoBlaz ET la vente au MN pour RomainZigStoBlaz pour toute la durée du mandat, ça fait trop vengeance perso ou ça passe ?
Pincemi hésite à appeler les zouks en blancs. Visiblement, celui-ci a perdu le neurone.
Cher Jacques, pourquoi ne pas te lancer et ouvrir ton propre restaurant ? Tu pourrais ainsi participer à l'effort municipal pour faire retrouver prospérité et alimentation à notre belle ville. Si tu peux prouver que tu n'es pas un Stru, je t'invite à nous présenter ton projet ici !
Sinon, tu sauras trouver l'argent nécessaire par tes propres moyens.
Pincemi s'empresse de servir une coupette à son co-maire.
- Tu arrives juste à temps pour étudier le kahier projet !
Pincemi se lève et adopte une attitude solennelle.
- Cher co-maire, j'ai l'honneur de te présenter mon propre projet de (re) création d'entreprise, histoire de compenser celle que Romain m'a coûté et de reprendre le cours de notre jolie vie avec Daphné Jolie. J'ai pensé que nous pourrions fournir la matière kahière pour le Ristorante et ses délicieux spaggioulis à emporter.
Elle fait une légère révérence à Henrystocrate et se rassoit précipitamment.
- Je trouve ce projet très prometteur et je vote pour. Qu'en penses-tu ?
- Je savais que t'allais dire ça !
Pour se mettre à l'unisson, Pincemi s'absorbe également dans ses réflexions. Elle adopte la même posture qu'Henry et se gratte le menton en plissant le front. Elle se reprend vite et fait quelques exercices d'assouplissement du visage pour éviter les rides. Elle sort son kornomouth hydratant et se rafraîchit tout en poursuivant son intense réflexion.
- HHHun...onomatopée proche du bruit du villageois minecraft quelque chose qui permettrait d'unir tout le monde... mais quoi... ?
Elle avait bien une idée, mais elle n'était pas sûre qu'Henry approuve. Ni même que ça doive passer par une anti-zlote.
Pincemi sautille de joie devant la roue de la taxe.
- Il n'y a pas assez de 80%, mais espérons que le hasard fera bien les choses !
Elle regarde Henry lancer la roue kah fois, puis zig, puis sto et dit zig fois aschnibble à sa taxe préférée.
- Intéressante, cette règle qui consiste à valider le stoïème lancé !
Il n'effleurerait pas kah seconde le neurone de Pincemi qu'Henry ait pu tricher. Aussi dicte-t-elle rapidement à Martine une taxe de 10% avant de se tourner de nouveau vers son co-maire.
- Dis donc, mon Ryry ? On claquerait pas une petit anti-zlote temporaire ? Je sais que je n'utilise jamais cette option habituellement, mais là, quitte à faire alliance avec un censeur, autant censer ! J'avais pensé à interdire aux patrons de baisser ou couper les salaires pour les obliger à se débrouiller autrement, en comptant sur la délation des employé·es en cas de contrevenance. Mais si tu as mieux - ou pire - à proposer, je suis toute ouïe, même si je suis pas un poiscaille. MOUAHAHAH !
Fière de sa blague, Pincemi se bidonne en se tapant sur le bide.
Pincemi sautille autour du bureau en tapant dans ses mains.
- Cool ! Cool ! Cool !
Elle s'arrête brutalement pour faire face à Henry.
- Bon, maintenant que c'est réglé, j'aimerais qu'on parle des taxes.
Rasade de champo.
- Tu sais combien elles sont chères au MLB. Toutefois, et c'est un argument que j'ai souvent entendu et que j'admets, elles harassent plus encore les pauvres que les enstrulés qu'on voudrait contrer. Du coup, notre arme principale se retourne contre nous et fait de nous les ennemis détestés du peuple, et ce n'est pas keskon veut !
Une question muette se lit dans le regard désemparé de Pincemi.
C'est ici qu'Henrystocrate et moi écouterons avec plaisir toutes et tous les aspirant·es patron·nes nous présenter leur projet et déciderons en commission d'étude publique de sa recevabilité, ainsi que, le cas échéant, du montant de la subvention municipale qui leur sera accordée.
Pour pouvoir participer à cette journée, il faut un projet d'entreprise et ne pas être un membre de la Famille Struleone.
Si vous remplissez ces conditions, vous pouvez dézaprézan nous exposer votre projet entrepreneurial. Plus il sera précis et documenté et plus vous aurez de chances de recevoir du pognon !
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