Une nuit frippée sur le zinc du monde.
Une trompe dans la poussière et l’autre dans les souvenirs.
Une voix s’élève, pas pour chanter. Mais pour grincer.
Zena monte pas sur scène. Pas ce soir.
Elle grimpe sur une caisse de schnibble retournée, pas pour faire la maligne, mais parce que les mots prennent mieux l’élan quand on les jette de haut.
Ses yeux brillent pas. C’est la bierrouïoli tiède qui mouille la rétine.
Sa voix a plus de paillettes. C’est le silence qu’elle griffe.
J’crois j’ai pigé l’truc. Pourquoi ça s’vide, pourquoi ça s’barre, pourquoi ça s’casse. Ouais. Même sans dire adieu. Même sans faire coucou. Même sans finir les miettes dans leur assiette.
C’est pas la ville qu’est trop grande. C’est pas l’schnibble qui tourne pas rond.
C’est c’qu’y reste dedans. Ou plutôt… c’qu’y s’accroche.
Elle marque une pause, la trompe gonflées de mots pas dits.
On est dans un trou. Mais pas un trou vivant. Non. Un trou qu’a la dalle… mais qui digère plus. Les nouveaux y viennent avec les sabots frais, des rêves sur les épaules, des plumes plein les poches. Pis hop. Un regard, une moue, un soupir qui dit “t’es pas d’ici”, et paf… plus personne.
Restent pas. Parce qu’ici, faut rentrer dans un gabarit moisi, faut pas bousculer les croutons, faut parler doucement, pis surtout : faut rien changer.
Elle tape du pied. Pas en rythme. En colère.
Mais moi j’voulais faire péter les confettis et les barrières, j’voulais repeindre les murs avec les chansons, j’voulais faire saigner les silences avec la Poup.
Et vous ?
Vous avez préféré rester bien au chaud dans vos vieilles couches. À ricaner dans vos coins quand quelqu’un ose un pas de danse de travers.
À faire genre ‘Bienvenue !’… mais en tendant les pieds pour les faire trébucher.
Vous êtes pas des murs.
Vous êtes des rideaux. Vous cachez le peu d’lumière qu’il reste.
Elle descend de sa caisse. Lentement. Elle touche plus le micro.
Elle effleure plus rien. Elle brûle plus.
Alors j’pars pas parce que j’suis triste.
J’pars pas parce que j’suis fragile.
J’pars parce que j’veux pas devenir comme vous.
J’veux pas finir assise, la trompe dans l’passé, à grogner sur les bouzouks qui tentent d’inventer un demain.
J’veux pas être celle qui fait semblant d’aimer, pendant qu’elle déchire ce qu’elle comprend pas.
Elle tourne une dernière fois sur elle-même, comme pour ranger son ombre dans sa robe.
Y aura plus d’pestacle. Pas ici.
Mon cœur s’répète pas quand y s’sent pas écouté.
J’resterai loin. Pas loin dans l’espace. Loin dans l’envie.
À l’extérieur de c’bocal de gloums, là où l’air respire encore.
J’vous observe plus pour être vue.
J’vous regarde pour pas oublier.
Pour pas oublier c’qu’on devient quand on ferme la porte à force de vouloir garder la même vieille clé.
Elle baisse les bras.
Elle sort sans bruit.
Elle laisse derrière elle un Bar des Pochtrons qui pue plus la lassitude que la bierrouïoli.
Et quelques miettes de voix qui collent encore au sol.
Le silence l’applaudit.
Puis se rendort.
Déconnecté
"Entre dans le cabaret, s'ouvre une bierro, et écoute attentivement Zena".
Je comprends ta déception Zena.
Cela dit, je trouve que nous avons vécu des moments assez formidables.
Peut être avons nous échoué dans notre objectif principal : faire vivre l'Art dans Vlurx.
Peut-être que certains d'entre-nous n'étaient pas assez enthousiastes à ce niveau (y compris moi).
Tes pas de danse vont nous manquer. Tu es libre comme l'air ...
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"Éééh Zena, maderti Fina
Ana w kalbi hawesna alik ma lkina
Ahh ya Zena, maderti fina
Ana w kalbi hawesna alik ma lkina"
Dernière modification par Jacques-Brel (2966-08-08 19:59:40)
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Baisse la tête, pousse son chwuiz fondu, la faim se perd
Dur échec que de faire rire cette ville
L'art n'a pour réponse qu'un silence docile
LOBLONG BLOURBIUS
Aux ruines, je tiens ma cour; aux vivants, mon respect.
Déconnecté
Et j'ai CRIÉÉ, CRIÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ZENAAAAAAA, pour qu'elle revienne :ouin::ouin:
Déconnecté
Zena,tu as l air bien ?
Je suis là,le kikoulien est toujours là
Malgré que tu m es viré comme un malpropre sans explication
Zena dansons ensemble
Pas de place pour la morosité ici
Déconnecté
Zena se retourne à peine, un sourire qui n’en est pas un collé au bout des lèvres.
Taftaf… tu t’doutes même pas pourquoi t’as été viré. T’crois normal d’balancer des insultes aux bouzouks, puis d’pointer ta trompe comme si d’rien n’était ? Aussi, tu me vois encore dans une entreprise? Dans un parti? Dans une organisation!?
Elle hausse les épaules, la voix sèche.
J’suis pas là pour m’faire cracher d’ssus. Alors ouais, t’as gagné : ton souhait d’rester seul dans Vlurx, ben tu l’as. Pas d’souci. Quand y’a des bouzouks comme toi, j’comprends mieux pourquoi les autres lèvent l’camp.
Elle s’approche pas, elle recule.
Faut un minimum d’respect pour qu’les chansons restent, pour qu’les rêves tiennent debout. Toi, t’as choisi l’inverse. Alors j’ai plus rien à t’dire… de toute façon, t’comprends pas.
Elle incline la tête, comme un salut qui claque.
Ce fut un plaisir… éphémère. Mais le pestacle est fini
.
Elle tourne les talons, disparaît dans la brume de bierrouïoli tiède, laissant derrière elle qu’le bruit creux des verres qu’on repose trop vite. Elle qui voulait tellement apporter un peu de joie et d’ambiance, lorsqu’elle voit le résultat, et surtout le retour de certains Bouzouks très irrespectueux, elle préfère quitter la ville et rester avec son meilleur ami : « le silence ».
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