Comme Foreman ne lui donnait pas le beau téléphone rouge et que tout keski était rouge était forcément à elle, Pincemi s'empara du combiné.
- Myrddin ? C'est toi ?
Pincemi passe par hasard, totalement par hasard, en se rendant dans la ruelle avec une nouvelle pancarte pour faire zizir à son fils.
Stratégiquement installée en direction de la porte, Pincemi est si absorbée par la surveillance de l'entrée qu'elle ne prête pas attention à l'encapuchonnée qui passe près de sa table. Tout juste s'autorise-t-elle une pensée sur la baisse de standing d'un restaurant normalement honni des clodos et autres MLBistes. Mais la bouffe y est si bonne...
Elle trépigne d'impatience en voyant Daphné entrer dans le Ristorante. Comme attendu, elle est superbe, à la fois sobre et élégante. Pour une chomiste, elle est même carrément bien fringuée. Pincemi croit même reconnaître une vieille jupe à elle financée par la mairie et donnée aux bonnes œuvres pour SOS Zoukettes mal fagotées.
Elle se lève de sa chaise pour accueillir Daphné et se rassoit aussitôt, imitant une Daphné pressée d'en découdre.
OK, pas de préliminaires, on rentre directement dans le vif du sujet, ça me plaît.
- Bonjour Daphné. Avant d'entamer quelque négociation que ce soit, laissez-moi vous dire que vous êtes très en beauté.
Pincemi remet sa mèche en place, histoire d'être, elle aussi, très en beauté (car, oui, ce simple geste suffit).
- Vous aimez le champo, n'est-ce pas ?
Sans attendre la réponse, Pincemi sert une coupette à Daphné. Elle saisit la sienne et la tend vers son invitée pour trinquer.
- Votre embauche dans notre repaire à la vocation encore floue même pour moi est d'ores et déjà acquise, nous le savons vous z'et moi. Aussi, au lieu d'essayer de me convaincre de faire quelque chose que j'ai déjà décidé, racontez-moi tout ! Il est loin, le temps où j'étais une nouvelle-née et j'aimerais revivre un peu de ces sensations par procuration, si vous le permettez.
Impatiente, Pincemi attendait à une table du Ristorante. Elle avait choisi la table avec autant de soin que sa robe, exagérément rouge, exagérément fendue et exagérément minuscule. Dans un recoin du Ristorante, Pincemi attendait Daphné pour lui faire passer l'entretien d'embauche de sa vie. Pour faire passer le temps, elle avait commandé une bouteille de champo, qu'elle sirotait tranquillement tout en se remémorant la création de ce lieu qui avait tant compté autrefois.
Pourvu qu'elle arrive avant que je sois bourrée.
Pincemi fut réveillée en sursaut par l'arrivée du facteur, qui n'était plus Le Facteur qu'elle avait connu. Il avait pour elle une missive de candidature pour Eve Caillou. Elle la décacheta avec la nonchalance d'une zoukette nonchalante qui vient de se réveiller de sa sieste, s'attendant à y lire la soif de bierro partisane d'un·e kamarade MLBiste lassé·e des entreprises pas gérées par elle.
Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir le nom de la zoukette qu'elle avait provoquée lors d'un passage à l'ANPC dont elle n'attendait rien. Les chômistes étaient habituellement si prompt·es à se ruer sur les offres alléchantes des corrompu·es sans jamais chercher plus loin que le bout de leur trompe qu'elle ne s'était même pas donné la peine d'être aimable avec cette nouvelle-née fort jolie qui avait pris ces remarques comme un défi. C'est d'ailleurs sans trop d'espoir que Pincemi avait regardé le temps passer et le facteur ne pas sonner.
Jusqu'à aujourd'hui.
Aujourd'hui, Pincemi avait reçu la preuve que Daphné avait non seulement relevé le défi, mais qu'elle l'avait survolé avec un brio qu'elle seule aurait pu concurrencer. Fichtre, cette zoukette était prometteuse et il la lui fallait. Aussi Pincemi allait-elle se ruer à l'ANPC pour proposer une offre d'emploi à Daphné quand elle se ravisa soudain. Bien sûr, elle aurait donné le poste à Daphné sans entretien, simplement sur sa bonne mine et son bon coup de stylo. Mais puisque la jolie donzelle le proposait, pourquoi se priver d'un entretien stimulant devant un plat de Spaggioulis fumants ?
Pincemi prit sa plus belle plume - l'histoire ne dit pas d'où elle la sortit - et se mit à rédiger une réponse en priant les Schnibbles de toutes les couleurs que Daphné fasse preuve d'encore un peu de patience et de beaucoup de détermination. Alors Pincemi lui déroulerait le tapis rouge, celui orné de Schnibble corrompu et incrusté d'éclats de struls.
Pincemi devrait cesser immédiatement son manège pour préserver sa douce enfant, mais quand Pincemi est lancée, keski pourrait l'arrêter ?
Est-ce le chapô ? Le sens aigu de la Justice ? Ou une autre raison ? Elle ne le sait, mais ce qu'elle sait, c'est que Pincemi a depuis un moment l'envie de se frotter à Light. Au kahier degré ? Au zigond ? En ce moment, Pincemi voudrait ce frotter à tout keski bouge, et à tout keski bouge pas.
D'un pas chaloupé et langoureux, elle s'approche de Light et se met à lui tourner autour en essayant de ne pas marcher sur tiktok. Au plus près de lui, mais sans le toucher tout à fait, elle entame une danse lascive qui donne un début de réponse à la question posée un peu plus haut. Pour l'heure, ce n'est pas dans un débat philosophico-politique qu'elle souhaite affronter Light, mais bel et bien dans un duel au corps à corps où elle mettra tout en œuvre pour le faire flancher.
Saura-t-elle attiser la convoitise de l'incorruptible Censeur ?
Quand elle entendit qu'ils n'avaient pas le droit de détourner le regard de leur adversaire, Pincemi sut ce qu'elle devait faire. Sans doute n'en auraient-ils cure, mais ça rameuterait bien kah ou zik pelés pour mettre un peu d'ambiance et zloter un peu tout ça.
Pincemi sortit donc une bouteille de champo de son sakamain tardis et s'aprocha du ring. Elle commença à danser de façon suggestive autour de Light et Ajuntapall tout en laissant le champo tomber dans sa bouche et se déverser dans son cou. Elle fit glisser une bretelle de sa robe tout en se demandant lequel allait avoir droit à une lape danse.
Pincemi médite sur les paroles d'Henrystocrate pendant que celui-ci reprend le cours de son activité municipale et clubesque. Ce vil petit flatteur ira loin, c'est certain. Même s'il a déjà un beau palmarès à son actif, Pincemi en est convaincu, le potentiel de ce beau parleur au charme irrésistible et à la fortune probablement conséquente est aussi élevé que ses boobz sont proéminents.
Tout en méditant sur le charme du gendre idéal et du célibataire de l'année -ce qui provoque comme un court-circuit dans le super-neurone de Pincemi, elle observe les parangons du Cloub se mettre en position. En les voyant là, à la merci de toustes et surtout à la sienne, kahgneegnee idées lui viennent en tête. Elle entreprend de les trier pour trouver celle qui sera la plus adaptée à la situation, à savoir l'incarnation de la Roideur et celle de la Justice implacable engagées dans un duel à Quête qui les rend aussi vulnérables qu'un pinpin de zig semaines.
Fraîchement sortie de l'asile, Pincemi se rend à la mairie. Elle a une question à poser à Henry et se dit que puisqu'Henry est censeur, c'est bien de la lui poser dans le cadre de Questions pour un apprenti censeur. C'est sans préambule que celle-ci interrompt la compétition qui bat son plein entre Ajuntapall et Light :
- Bonjouuuuur tout le monde ! Je vois qu'on s'amuse entre censeurs !
Elle se rapproche un peu d'Henrystocrate pour plus de discrétion.
- Je voulais encore vous remercier pour le séjour à l'asile. ça m'a fait un bien fou, j'en avais besoin !
Elle scrute les alentours à l'affût d'une oreille indiscrète.
- J'ai vu l'anti-zlot que vous avez déposée ! Elle a fait grand bruit et m'a fortement réjouie ! Presque autant que... bref, c'est pas la question. Je suis passée par le marché noir, au cas où un receleur peu scrupuleux aurait eu un bel item99 à me vendre, ou un beau Schnibble Rouge palpitant de corruption et de luxure et... j'ai remarqué que l'anti-zlot n'était pas respecté et surtout, qu'aucune sanction n'était prise.
Pincemi pose ses mains sur ses hanches pour poser la question qui lui brûle les lèvres.
- Me dites pas que Sky a cassé votre beau louloucouptère !
Pincemi est toute décoiffée par les hélices du louloucouptère. Elle essaye tant bien que mal de remettre sa mèche en place et crie ses remerciements à Henrystocrate pour ce petit séjour tout frais payés qu'il offre à sa future belle-môman. Mais le bruit de l'engin et les cris des nains fermiers couvrent sa voix. Se pensant entendue, elle tend la main, sereine, au beau nain fermier qui lui tend la sienne.
Cool, il a même prévu un escort zouk pour me distraire !
Ce n'était pas la peur qui retiendait Pincemi - qui n'avait que faire des anti-zlots, comme toustes les censeureuses, d'ailleurs -, mais elle pouvait comprendre la méprise d'Henrystocrate. En réalité, elle se dandinait parce qu'après tout ce champo, elle avait giga envie de pipi. Elle n'osait pas se lever, de peur de faire une Stag'. Mais où était le confessatoire quand on en avait besoin ?!
Légèrement pompette, Pincemi rassembla tout son courage et, une fois n'est pas coutume, serra les cuisses aussi fort qu'elle le pouvait. Elle se leva et s'assit sur une poubelle qui traînait par-là. Heureusement qu'elle ne portait jamais de culotte !
C'est avec un sourire béat qu'elle tenta sa chance pour un séjour tout frais payés à l'asile.
- L'anti-zlot n°100 dit que "blabla blaaaaa on s'en fouuuuuuut" ! Et la Saine Censure commence à 100 parce que " Sens mon BIIIIIIIIPPP si il sent bon" !
Pincemi saisit le mouchoir que lui tend élégamment Henrystocrate et se mouche bruyamment dedans. Elle referme ensuite le tissu sur son beurk trompal et tend la boulette froissée à son propriétaire.
- Merci ! C'est dégueu, j'en avais plein la trompe.
Elle sursaute en entendant les cris de détresse de Tiktok. Quand elle comprend le problème, elle hausse les zépaules.
- C'est rien ma lobrikette ! Papa t'en rachètera plein.
Elle lance un regard circonspect à Henry.
- Ou bien le maire ici présent. Après tout, c'est kesk'on fait quand on aime une zoukette : on lui offre des vêtements !
Dolaren avait, comme Pincemi, pris place avant de savoir si ça dérangeait ou pas. ça devait être un truc de MLBistes. Elle le regarda entamer sérieusement son stock de bierro. Heureusement, son sac était plus grand à l'intérieur et pouvait contenir moult bierros dans moults freeghos. Elle regardait aussi Henrystocrate essayer de divertir et éduquer les bouzouks. C'était peine perdue, les bouzouks étaient toustes voué·es à la sottise. Elle aurait voulu participer, mais les anti-zlots et la Saine censure, ça lui avait toujours donné envie de dormir. Pourtant, la possibilité d'un tour gratuit à l'asile la tentait. Elle réfléchissa afin de décider si elle tentait sa chance ou non.
Le seau de beurk se renverse sur les occupant·es de la chaise à enstrulés. Habituée à vivre au skwatt', Pincemi n'en fait pas grand cas et se contente de chasser le liquide visqueux qui dégouline sur ses noeils. Elle profite de l'occasion pour modeler ses veuch et tenter une nouvelle coupe, histoire de ranimer la flamme avec Sky, et se tourne vers Henrystocrate pour contempler l'étendue des dégâts.
Comme s'il suffisait de penser à elle pour qu'elle apparaisse, Pincemi apparut. Elle marcha nonchalamment jusqu'au banc où était assis Ajuntapall et s'assoya... s'assoyit ? S'assitut ??? ... Elle décida de s'assoir sans même prendre la pein de demander si ça gênait.
- Je suis viendue observer mon futur gendre pour voir comment il s'en sort.
Elle ouvrit son sakamain Tardis, foirfouilla dedans et en sortit une bouteille de champo. Elle en but une gorgée, puis la présenta à Ajun.
- T'en veux ? Sinon, je dois aussi avoir quelques bierros.
- Bah figure-toi qu'il se bouge que pour ça et qu'il essaie aussi de me virer. Mais en restant en bas de la mairie, il va pas réussir à grand chose...
Pincemi refait un tour de fauteuil et appelle Martine pour faire un brin de ménage dans le bureau.
- Bon, le maintenir à distance me coûte une blinde. Les clodos, ça fait des super barricades, mais il faut des litres de bierros pour les monter. Heureusement, je n'ai jamais eu peur de taper dans la caisse pour mes besoins personnels. Et puis, la politique anti-enstrulés mérite tous les sacrifices. Surtout les vôtres.
Pincemi ricane, puis reprend un air grave.
- Bref, c'est pas pour parler de l'insignifiance des actions Struleone que je t'ai appelé. À drugnee pourcent, tu mérites d'avoir ton mot à dire dans la politique municipale. Vu que j'ai proposé aucune anti-zlote au clan des enstrulés bis, tu as le champ libre pour en proposer une de ton choix. Tu es également encouragé à me proposer conseils et critiques pour rendre mon mandat encore plus palpitant et dangereux pour les richous.
Pincemi sort une bouteille de champo de derrière les fagots et sert zig coupettes. Elle en pousse une à l'attention de Washoe.
- Ceci n'est pas une alliance et tu restes à mes noeils un fieffé enstrulé d'une hypocrisie remarquable qui n'a soif que d'argent et de pouvoir. Mais la moitié de nos concitoyen·nes a l'air de croire en tes zloteries et, aussi naif·ves soient-iels, je ne peux pas ne pas tenir compte d'une partie du peuple juste parce qu'iels ne voient pas clair dans ton jeu et que je n'ai pas su les convaincre.
Pincemi jette un oeil par le balcon pour voir d'où vient tout ce bruit.
- Wouaw, il a réussi à sortir son popotin de sa villa d'enstrulés ! ça mérite une petite taxe, ça !
Zlote, la soirée commençait à puer le vin aigre et Pincemi n'aimait que le champo tiède. Déconcertée par la présence de zig Ajuntapall, elle ne savait plus où donner de la trompe. Mais quand on commença à brandir les anti-zlots et les discours justiciels de Light, c'en fut trop pour Pincemi, qui profita de l'agitation générale pour faire zig pas de côté et se carapater de ce plan moisi.
Tu parles d'une teuf...
Elle sortit un petit calepin de son soutif et y écrivit le nom d'Agaliar, qu'elle raya dans la foulée.
Pincemi se faisait les zongles, se curait la trompe et faisait la toupie dans son fauteuil de mairesse. Bref, elle s'amusait comme une petite aliénée. Elle savourait ce moment où elle ne pensait plus à rien ni à personne. Entre zig tours sur son fauteuil, elle envoya une petite taxounette et repartit de plus belle dans un tourbillon de débauche ludique arrosée de gorgées de champo tiède savamment distillées. Elle s'amusa jusqu'à l'écoeurement, qui se traduisit par une gerbe pas de fleurs.
- J'suis hyper contente !
Fière de son écrasante réélection, Pincemi était ravie de pouvoir poursuivre sa politique anti-riches sans rien changer. Celle-ci commençait d'ailleurs à porter ses fruits, puisque les magazouks n'étaient plus vides et que plus personne ne râlait, et qu'elle avait été réélue d'une écrasante majorité sans aucune équivoque de façon nette et précise que personne ne pourrait contester. Pour consoler Washoe de son humiliation, elle décida de lui accorder un entretien pour discuter ensemble de ce qu'il pourrait faire de sa position de vice-maire.
- Allo, Washoe ? C'est Pincemi ! Tu veux bien venir à la mairie ? Enfin, si t'es pas trop à plat, vu la façon dont je t'ai ENCORE écrasé.
Pincemi pouffa de rire avant de poursuivre.
- Vu qu'il y a quand même une petite partie du peuple qui veut de toi, j'aurais aimé qu'on discute d'une façon qui me convienne de mettre une partie de ton programme en place. ça te tente ?
Pincemi n'avait pas remarqué que la chorégraphie chamanique avait pris fin. Absorbée, elle continuait ses gesticulations approximatives, mais forcément élégantes et saiksy. Elle ne savait rien de la menace qui planait sur elle. En revanche, elle remarqua une soutane et un doigt rigide qu'elle affectionnait particulièrement. Elle sautilla dans sa direction en tapotant dans ses mains d'excitation.
- Salut le Roide ! dit-elle en claquant une bise à celui qu'elle croyait être Ajuntapall.
Pincemi s'écarte pour laisser assez de place à Henrystocrate. Elle berce doucement sa bouzounette adorée et tente de la rassurer.
- Ne t'inquiète pas, ton père fera de toi la bouzoukette la plus puissante de la colline. Et ce gugus à chapeau, là, il te rendra encore plus forte et on le détestera parce que tu l'aimeras plus que nous.
Elle se tourne vers Henry.
- Je sais que vous êtes destinés l'un·e à l'autre, mais pour l'instant, elle est encore trop jeune, alors mollo mollo, Pédro l'Ours !
Interloquée, Pincemi regarde Henrystocrate avec de grands noeils ronds. Elle hésite, réfléchit. Son soupçon se confirmerait-il ?
- Quoi ? Tu... ? Tu veux t'assoir sur mes genoux ?
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